MyrmecoFourmis.fr
fourmis et insectes


La cétoine grise est-elle de funeste présage ?

Coleoptera ; Cetoniidae ; Oxythyrea funesta

La cétoine grise ou "drap mortuaire" appartient à l’espèce Oxythyrea funesta. C’est une des cétoines les plus communes dans les fleurs de nos jardins. En voici un peu plus sur l’écologie et la biologie de cet insecte aux couleurs bien ternes...

Où vit la cétoine grise et comment la reconnaître ?

La cétoine grise, aussi appelée "Drap mortuaire" ou Oxythyrea funesta de son nom latin, est présent dans toute l’Europe, l’Asie mineure et l’Afrique du Nord. Elle est facilement reconnaissable puisque sa cuticule est entièrement noire et tachée de blanc, avec de longues soies (les "poils" des insectes) blanches dressés vers le haut. Les tailles des taches blanches sont cependant très variables d’un individu à l’autre. On peut éventuellement la confondre avec d’autres cétoines du genre Tropinota comme Tropinota hirta et Tropinota squalida. Ces deux dernières possèdent cependant des taches blanches bien plus discrètes et les soies sont de couleurs brunâtres ou beiges [1].

Voici une photographie d’Oxythyrea funesta de profil, sur laquelle on distingue bien les taches blanches sur la cuticule noire et couverte de poils blancs de la cétoine grise :

Photo macro d’une cétoine grise de l’espèce Oxythyrea funesta vue de profil sur fond blanc.
 JPEG - 88 ko
La cétoine grise de profil

La cétoine grise est un insecte très commun que l’on rencontre dans les fleurs pendant toute la belle saison. On peut en particulier l’observer dans les vergers et les vignobles.

Deux cétoines grises, un mâle et une femelle, repliés sur eux-mêmes et pris en macrophotographie sur un fond blanc.
 JPEG - 113 ko
Couple de cétoines grises

Que mangent les cétoines grises ?

Ce coléoptère se nourrit des fleurs de nombreuses plantes sauvages (comme la ronce) et d’arbres fruitiers, comme les pêchers et les pommiers. Comme la cétoine grise consomme les étamines, le pollen, les pistils et les glandes à nectar des fleurs, elle est considérée comme responsable d’une baisse de productivité dans les vergers. Cependant, l’impact réel des cétoines grises sur la production de fruits n’a, à notre connaissance, pas encore été mesuré. Comme l’usage d’insecticides est très néfaste aux insectes pollinisateurs, nécessaires à la fécondation des fleurs dans les vergers, la lutte contre ce coléoptère s’oriente vers le développement d’appâts et de pièges spécifiques [2].

Photographie de la cétoine grise, Oxythyrea funesta, vue de dessus sur fond blanc.
 JPEG - 173.3 ko
Oxythyrea funesta

Les larves de la cétoine grise se nourrissent principalement de matière en décomposition. On les trouve en particulier dans les tas fumiers ou dans le compost, où elles participent à la décomposition de la matière organique. Ces larves seraient aussi capables de se nourrir de déjections de différents animaux et en particulier des crottes de lapins [3]. Les larves fournissent donc un service écologique non négligeable dans nos prés et champs.

Gros plan de la tête d’une cétoine grise "drap mortuaire" de l’espèce Oxythyrea funesta, de face sur fond blanc.
 JPEG - 93.7 ko
Oxythyrea funesta de face

Après plusieurs semaines passées sous terre à se nourrir, les larves construisent une petite logette dans le sol où elles se transformeront en nymphes. Une fois leur développement achevé, une cétoine adulte sortira de terre et partira à la recherche d’un partenaire pour recommencer le cycle.

Photographie macro d’une cétoine grise (Oxythyrea funesta) marchant sur un fond blanc.
 JPEG - 66 ko
Cétoine grise marchant

La cétoine grise possède peu de prédateurs et de parasites. On peut cependant noter que la scolie hirsute ou Scolia hirta, une guêpe parasite de cétoines qui pond dans les larves de différentes espèces de coléoptères, s’en prend en particulier à la cétoine grise.


Références et définitions

[1Voir les photos des espèces proches de la cétoine grise sur le site Aramel.

[2Vuts, J., Imrei, Z., & Toth, M. (2008). Development of an attractant-baited trap for Oxythyrea funesta Poda (Coleoptera : Scarabaeidae, Cetoniinae). Zeitschrift für Naturforschung C, 63(9-10), 761-768.

[3Micó, E., & Galante, E. (2003). Biology and new larval descriptions for three cetoniine beetles (Coleoptera : Scarabaeidae : Cetoniinae : Cetoniini : Cetoniina, Leucocelina). Annals of the Entomological Society of America, 96(2), 95-106.

Mots-clés

Accueil | Les rubriques | Les archives | Contacter Myrmecofourmis.fr | Visiteurs : 946 / 2022245