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Les gammares, de petits crustacés aux allures de crevettes

Amphipoda ; Gammaridae ; Gammarus pulex

Les gammares sont de petits crustacés aquatiques. Détritivores, ils participent au recyclage de la matière organique des rivières et étangs.

Qu’est-ce qu’un Gammare ?

Les gammares sont une famille de petits crustacés d’eau douce que l’on trouve dans les cours d’eau ou les eaux stagnantes. Une des espèces de gammares les plus communes dans les ruisseaux de France répond au nom latin de Gammarus pulex : c’est l’espèce présentée sur les photos de cet article. On reconnaît facilement les Gammaridae car leur corps est très comprimé, et de ce fait ils se déplacent généralement sur le côté.
Les gammares (de l’ordre des Amphipodes), sont parfois surnommées "crevettes d’eau douce". En réalité, ils sont cependant assez éloignés des "vraies" crevettes (de l’ordre des Décapodes).
Les gammares sont parfois confondus avec les aselles qui vivent également dans les mares et cours d’eau, mais la distinction est relativement simple à faire : les gammares ont le corps comprimé sur les côtés (leur corps est étroit et haut), alors que les aselles sont comprimées "dorso-ventralement", leur corps est donc large et aplatit.

Gammarus pulex
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Gammare

Quel rôle les gammares jouent-ils dans l’écosystème ?

Les gammares sont des animaux très importants dans le fonctionnement des cours d’eau car ils se nourrissent de matière organique, comme par exemple des feuilles mortes qui tombent dans les rivières. Leur alimentation se compose aussi d’algues et de débris organiques d’origine animale.
Ils participent donc activement aux cycles biologiques qui ont lieu dans les cours d’eau et dans les eaux stagnantes comme les mares, les étangs et les bassins.

En plus de dégrader la matière organique, ce sont des proies de choix pour de nombreux poissons comme la carpe ou la truite. Ils sont également prédatés par divers amphibiens (crapauds, grenouilles, tritons et salamandres), ainsi que par d’autres invertébrés aquatiques comme les larves de libellules ou de dytiques.

C’est en partie pour ces raisons que les gammares sont souvent considérés comme des organismes bioindicateurs de l’environnement. Leur présence est prise en compte dans les IBGN, des études qui visent à déterminer la qualité écologique de nos rivières.

Gammarus pulex
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Gammare

Quel est le cycle de vie du Gammare ?

Les jeunes gammares naissent identiques aux adultes. Ils se développent rapidement par mues successives au fur et à mesure de leur croissance. Après quelques mois, lorsqu’ils sont adultes, les mâles cherchent activement des femelles. Les femelles gammares sont beaucoup plus grosses que les mâles, il est donc assez facile de les distinguer des mâles adultes. Une fois qu’un mâle a trouvé une partenaire, il se cramponne à elle avec ses pattes avant durant plusieurs heures, voire plusieurs jours, afin de s’assurer qu’il sera le seul mâle à féconder les oeufs. Durant cette période, la femelle continue à se déplacer et à se nourrir avec le mâle accroché sur son dos, on dit que les gammares forment un amplexus.
La femelle garde ensuite les oeufs fixés pendant plusieurs semaines sous son corps, puis, lorsque les larves sont assez développées, elle les libère en pleine eau (voir la très émouvante photo de l’article avec une jeune larve de gammare en train de quitter sa mère).

Une femelle gammare relâche ses jeunes tout juste formés.
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Libération de jeunes gammares dans l’eau

Les Gammares, la pêche et l’aquariophilie

En aquariophilie, les gammares sont élevés pour nourrir les poissons ou pour dégrader la matière organique piégée dans les filtres d’aquariums. Leur pêche dans le milieu naturel est cependant déconseillée car les gammares sont les hôtes intermédiaires de certains parasites susceptibles de se développer dans les poissons et les oiseaux. Les gammares sont donc vendus vivants ou séchés et lyophilisés pour l’alimentation des poissons d’aquarium ou des reptiles. Pour la pêche à la ligne des poissons destinés à l’alimentation, il existe également des appâts en plastiques imitant la forme des aselles et gammares et destinés à attirer de nombreux poissons d’eau douce.

Photographie macro sur fond blanc de trois gammares de l’espèce Gammarus pulex. Seine-et-Marne, Avril 2016.
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Gammares, Gammarus pulex

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