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fourmis et insectes


Une guêpe oblige les chênes à fabriquer des billes de bois

Hymenoptera ; Cynipidae ; Andricus kollari

Galle ronde du chêne

Comme Cynips quercusfolii qui cause la formation de galles du chêne sur les feuilles ou Dryocosmus kuriphilus qui est responsable des galles du châtaignier, Andricus kollari est un petit hyménoptère qui parasite les arbres. On peut observer ses galles sur les jeunes rameaux et sur les bourgeons des chênes.
Andricus kollari
Le cynips de la galle ronde du chêne (par opposition aux galles de Cynips quercusfolii ou de Andricus quercustozae qui ont souvent de petits reliefs à la surface) pond ses larves sous l’écorce des chênes. Lors de la ponte, l’adulte introduit dans la plante des substances qui vont induire la croissance de la galle, cette croissance sera maintenue par des molécules délivrées par la larve.
Galle du chêne
Andricus kollari est une espèce originaire de l’Est de l’Europe et de Turquie qui a repoussé la limite nord de sa répartition. En effet, cet insecte pond en particulier dans le chêne chevelu Quercys cerris qui a été planté par les hommes de plus en plus au nord de l’Europe. [1]. Elle est aujourd’hui présente jusqu’en Angleterre. Une espèce très proche, Andricus hispanicus, a été introduite en France depuis l’espagne et l’Afrique du Nord et pond ses oeufs dans le chêne liège Quercus suber [2].
Andricus kollari, le cynips à galles du chêne
Le cycle du cynips de la galle ronde du chêne se déroule en deux parties. Au printemps, une génération sexuée (des mâles et des femelles) émerge des galles du chêne chevelu et pond des oeufs qui donneront une génération parthénogénique (uniquement des femelles) dans les chênes pédonculés (Quercus robur) ou les chênes sessiles (Quercus petraea aussi appelés chênes rouvres) en automne [3]. Les galles des deux générations ont des tailles très différentes : moins 5mm pour les galles de printemps et plus de 3cm pour les galles d’automne !
Photographie de Andricus kollari
De plus, les femelles parthénogéniques ont une particularité : elles sortent des galles soit à l’automne de l’année où elles ont été pondues, soit l’année suivante. Cette particularité est appelée bet-hedging ou stratégie de minimisation des risques : si la première année était mauvaise pour les adultes (par exemple, si cette année il y a beaucoup de prédateurs de cynips), il restera des individus qui émergeront l’année suivante ! De cette manière, les chances de survie des populations de cynips sont optimisées.
Certains insectes, comme le balanin des châtaignes (un charançon), étalent même leurs émergences sur trois années.
Insecte responsable des galles du chêne
Les galles des cynips sont très souvent parasitées par d’autres hyménoptères ou mangées par les oiseaux. Si vous récoltez une galle complète à l’automne et attendez de voir l’insecte sortir, il est possible que ce ne soit pas un cynips mais une des espèces parasites.


Références et définitions

[1Stone, G., Atkinson, R., Rokas, A., Csóka, G., & Nieves‐Aldrey, J. L. (2001). Differential success in northwards range expansion between ecotypes of the marble gallwasp Andricuskollari : a tale of two lifecycles. Molecular Ecology, 10(3), 761-778.

[2Pujade i Villar, J., Bellido, D., & Folliot, R. (2004). The life cycle of" Andricus hispanicus"(Hartig, 1856) n. stat., a sibling species of" A. kollari"(Hartig, 1843)(Hymenoptera : Cynipidae). Butlletí de la Institució Catalana d’Història Natural, 83-95.

[3Schönrogge, K., Walker, P., & Crawley, M. J. (1999). Complex life cycles in Andricus kollari (Hymenoptera, Cynipidae) and their impact on associated parasitoid and inquiline species. Oikos, 84(2), 293-301.

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