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La tortue d’Hermann, Testudo hermanni

Reptile, Chélonien, Testudines, Testudinidae, Testudo hermanni

La tortue d’Hermann, Testudo hermanni, est la seule espèce de tortue terrestre naturellement présente en France (y compris en Corse). Elle a fait l’objet d’un commerce intense avec des importations pour les achats et ventes sur tout le pourtour de la mer méditerranée. Son commerce est aujourd’hui très réglementé.

Où trouve-t-on la tortue d’Hermann en France ?

En France, la tortue d’Hermann ou tortue des Maures (Testudo hermanni) a une répartition très localisée. On la rencontre dans certaines zones du Sud de la France ainsi qu’en Corse. Elle vit dans des milieux ouverts comme les prés, jardins et vergés peu perturbés, dans les milieux semi-ouverts comme les lisières de forêts ou le maquis et dans les forêts clairsemées.

Photo de trois quart d’une tortue d’Hermann de Corse. Il s’agit de l’espèce Testude hermanni hermanni, ou tortue d’Hermann vraie.
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Tortue d’Hermann de Corse

Quelle taille mesure la tortue d’Hermann ?

Les tortues d’Hermann mesurent, une fois adulte, entre 18 et 25 centimètres pour la plupart. La taille maximale peut varier selon les populations étudiées.

Les espèces et sous-espèces proches de la tortue d’Hermann

La classification des tortues proche de la tortue d’Hermann est complexe. Par exemple, certains scientifiques suggèrent qu’il ne faudrait plus utiliser le nom Testudo hermanni mais Eurotestudo hermanni [1]. De même, les statuts d’espèces et de sous-espèces sont régulièrement débattus au sein de la communauté scientifique.
Pour simplifier nous utiliserons ici le nom de genre Testudo et considèrerons le statut de sous-espèces comme étant valable pour la plupart des espèces proches de la tortue d’Hermann.

Il y a en Europe 5 espèces de tortues d’Hermann [2]

  • La tortue grecque ou tortue mauresque, Testudo graeca Linnaeus, 1758 (naturellement présente en Grèce, Afrique du Nord, Proche-Orient).
  • La tortue d’Hermann ou tortue des maures, Testudo hermanni Gmelin, 1789 (naturellement présente en Espagne, France et Italie, y compris en Corse et en Sardaigne).
  • La tortue d’Horsfield, tortue russe ou tortue des steppes Testudo horsfieldii Gray, 1844 (naturellement présente en Russie, Chine, Iran, Pakistan, Afghanistan,...). Parfois appelée Agrionemys horsfieldii.
  • La tortue de Kleinmann ou tortue d’Egypte, Testudo kleinmanni (naturellement présente en Egypte, Lybie et Palestine).
  • La tortue bordée ou tortue marginée, Testudo marginata Schoepff, 1793 (naturellement présente en Grèce et Albanie, introduite en Italie et Sardaigne).

Il existe deux à trois sous-espèces de tortues d’Hermann selon les spécialistes :

  • Testudo hermanni hermanni (France, Espagne, Italie, Corse et Sardaigne)
  • Testudo hermanni boettgeri (Pays des Blakans : Grèce, Albanie, Serbie,...)
  • Testudo hermanni hercegovinensis (Croatie, Bosnie)

Pour différencier la tortue d’Hermann "vraie" des autres sous-espèces parfois relâchées sur le territoire français depuis les élevages, il faut observer les bandes noires sous la carapace de la tortue : si elles sont larges et continues, il s’agit de Testudo hermanni hermanni, sinon il s’agit de Testudo hermanni boettgeri ou Testudo hermanni hercegovinensis qui sont très difficiles à différencier et dont le statut est régulièrement sujet à débat.
On peut également parfois rencontrer des Testudo graeca sur le territoire français car elles ont été importées massivement et sont parfois relâchées des élevages. Pour les différencier de la tortue d’Hermann, il faut regarder si la plaque de la carapace la plus en arrière du corps et qui protège l’appareil génital des tortues semble séparée en deux (tortue d’Hermann, voir la photo ci-dessous) ou en une sale partie (tortue grecque).

Tortue d’hermann de Corse (Testudo hermanni hermanni). Une petite tortue d’hermann photographiée dans la végétation en Corse.
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Tortue d’Hermann

Cycle de vie et reproduction de la tortue d’Hermann

A la fin de l’automne, les tortues d’Hermann s’enterrent dans le sol pour hiberner. L’hibernation dure environ 6 mois, si les températures sont trop basses les tortues ne survivent pas à l’hiver, ce qui explique qu’on ne les rencontre que dans les milieux arides du Sud de la France. Au printemps elles se remettent progressivement en activité avec le retour des journées chaudes et ensoleillées. Elles se nourrissent de jeunes pousses de plantes et s’expose durant de longues heures au soleil. Les mâles cherchent activement les femelles pour se reproduire. Ils se combattent parfois en cognant avec force leurs carapaces jusqu’à ce que l’un des mâles finisse par partir. Plusieurs jours après la fécondation, les femelles creusent un trou dans le sol où elles déposent jusqu’à 10 oeufs. Elles recouvrent ensuite les oeufs avec de la terre. Le temps de développement varie en fonction de la température. Les jeunes tortues sortent généralement de terre plusieurs semaines après la ponte. Elles mesurent alors entre 2 et 4 centimètres de longueur.
Lorsque l’été arrive, la végétation devient plus coriace et moins riche et les tortues réduisent leur activité. Lors des canicules, elles peuvent rester inactives durant de longues périodes, on parle alors d’estivation.

L’alimentation des tortues d’Hermann se compose principalement de végétaux, mais elles se nourrissent aussi parfois d’insectes, de limaces et de cadavres d’animaux.

Tortue d’Hermann de Corse (Testudo hermanni hermanni), photo d’une tortue sur un chemin de terre battue dans le Sud de la Corse.
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Testudo hermanni hermanni

Jusqu’à quel âge peut vivre une tortue d’Hermann ?

La longévité des tortues d’Hermann serait de 40 à 60 ans, mais peu d’études existent sur le sujet. L’espérance de vie serait plus longue chez les tortues en captivité.

Comment différencier les tortues mâles des tortues femelles ?

Chez la tortue d’Hermann, la longueur de la queue permet de différencier les mâles des femelles. Elle est nettement plus longue chez les mâles que chez les femelles. Chez les mâles, elle atteint presque les pattes arrière.
Sur les photos ci-dessous on voit la différence de longueur entre une femelle (photo du haut) et un mâle (photo du bas). Ces deux individus appartiennent à l’espèce Testudo hermanni hermanni (bandes noires continues et grande écaille à l’extrémité de la queue) et ont été observés en Corse :

Femelle tortue d’Hermann (Testudo hermanni) de Corse. Les tortues femelles ont un appendice reproducteur plus court que les mâles à l’arrière du corps. Les bandes noires sur la face ventrale du corps de la tortue confirment qu’il s’agit bien d’une tortue d’Hermann et pas d’une autre espèce échappée d’un élevage.
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Tortue d’hermann femelle
Mâle tortue d’Hermann (Testudo hermanni) sur le dos. On voit l’appendice reproducteur de cette tortue mâle qui est plus long que celui des femelles. Les bandes noires continues confirment qu’il s’agit bien d’une tortue d’Hermann.
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Tortue d’Hermann mâle

Peut-on acheter une tortue d’Hermann ?

Les tortues d’Hermann sont protégées par la loi de protection de la nature du 10 juillet 1976, par la réglementation européenne (annexe A du règlement CE n° 338/97 relatif à la protection des espèces de faune et de flore sauvages) et par la règlementation internationale (annexe II de la Convention de Washington ou CITES) [3].

Les prélèvements dans la nature sont donc strictement interdits et les achats et ventes sont limités aux individus nés de parents licites possédant un certificat délivré par la DREAL. Il est donc possible d’acheter légalement des tortues d’Hermann. Pour la garder chez soi, il faut néanmoins obtenir au préalable une autorisation d’élevage d’agrément (AEA) ou d’un certificat de capacité (CDC).

Les mêmes conditions s’appliquent aux dons de tortues : pour donner une tortue, il faut être capable de fournir les documents en règle concernant l’origine de la tortue.

Comme les populations de tortues d’Hermann sont confrontées à de nombreux problèmes (incendies, réchauffement climatique, braconnage pour le commerce, destruction par les voitures, pollution, destruction de leur habitat), certaines populations sont en voie de disparition et il est particulièrement important de vérifier lors de l’achat d’une tortue que ses papiers sont en règle pour ne pas encourage le braconnage.

Photo en Corse d’une petite tortue d’Hermann dans les herbes hautes du Sud de l’Île de Corse.
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Tortue d’Hermann (Testudo h. hermanni)

J’ai trouvé une tortue, que dois-je faire ?

On rencontre parfois des tortues sur les routes de campagne. Les tortues étant des espèces protégées, il convient tout d’abord de vérifier si la tortue n’appartient pas à une des espèces de tortues naturellement présentes en France et protégées par la loi. Nous vous conseillons de suivre les recommandations du refuge des tortues.
Il arrive parfois de retrouver des tortues d’Hermann blessées avec la carapace abimée après qu’un animal les ai capturées ou qu’une voiture les ai renversées. Dans ce cas, il vaut mieux contacter directement le refuge des tortues ou un autre organisme spécialisé dans les tortues pour leur demander conseil avant d’entreprendre quoi que ce soit.


Références et définitions

[1de Broin, F. D. L., Bour, R., Parham, J. F., & Perälä, J. (2006). Eurotestudo, a new genus for the species Testudo hermanni Gmelin, 1789 (Chelonii, Testudinidae). Comptes Rendus Palevol, 5(6), 803-811.

[2D’après le groupe des spécialistes des tortues aquatiques et terrestres de l’UICN "Tortoise and Freshwater Turtle Specialist Group" ou TFTSG.

[3Détails sur la législation concernant les tortues d’Hermann en France sur le site du refuge des tortues ou sur tortuedeterre.info.

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