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Abeilles maçonnes : l’osmie cornue

Hymenoptera, Megachilidae, Osmia cornuta & Osmia rufa

Male d'osmie cornue
L’osmie cornue ou abeille maçonne - Osmia cornuta - est une des premières abeilles solitaires à s’activer au printemps. On peut en effet l’observer voler de Mars à Juin. Il est très facile de l’inciter à s’installer dans des abris ou hôtels à insecte orientés Nord ou Ouest [1] en perçant des trous de divers diamètres dans des bûches. D’autres espèces d’abeilles préfèrent cependant les orientations Sud et Est, il faut donc varier les orientations.
Abeille solitaire devant un abris à insectes

Son rôle dans la pollinisation de certains arbres fruitiers est très important et intéresse de près le monde agricole. [2]

Les mâles sortent en premier des nids de l’année passée et attendent les femelles pour s’accoupler, on les observe voler à l’entrée des nids des femelles.
Accouplement d'osmies
Photographie d’un accouplement d’osmies.

Les femelles d’Osmia cornuta possèdent deux "cornes" très visibles sur le clypeus (c’est à dire, entre les yeux et les mandibules ; ces cornes sont aussi visibles chez d’autres espèces). Elles effectuent de nombreux aller-retours pour chercher du pollen et du nectar sur les fleurs. Elles remplissent au fur et à mesure leur nid en forme de tube en séparant les alvéoles avec une paroi en argile. Chaque alvéole contient un oeuf et un mélange de pollen et de nectar qui servira à nourrir les larves des osmies.
Femelle d'osmie cornue en vol
Femelle d’Osmia cornuta en vol devant un hotel à insectes.

Abeille solitaire en vol
Mâle d’Osmia cornuta en vol devant un hotel à insectes.

Ces abeilles étant actives au printemps malgré des températures faibles, elles sont très importantes pour la pollinisation des premières fleurs.

Osmie cornue
Lorsque le nid de la femelle est plein, celle-ci construit une grande et dernière cellule vide dont elle bouche l’entrée avec une paroi en argile très épaisse, qui permettra de protéger son nid des parasites ou des prédateurs susceptibles de s’en prendre aux larves. La "boue" rapportée par la femelle est mélangée avec des enzymes salivaires qui permettent son durcissement, elle est appliquée avec les mandibules par couches concentriques successives [3].
Femelle d'Osmia cornuta rebouchant l'entrée du nid

La mortalité chez les larves est très forte : plus de 60% des larves ne parviennent pas à l’état adulte [4]. Certains parasites, comme les Chrysidés [5] et les drosophiles du genre Cacoxenus [6] [7], ainsi que divers autres insectes appartenant aux hyménoptères, diptères et coléoptères, sont capables de contourner ces protections, pour dévorer les larves ou voler les réserves de pollen et de nectar [8], ils sont, avec l’humidité responsable du développement de moisissures, la principale cause de mortalité chez les larves.

Il existe en tout 36 espèces d’osmies en France et leur identification est difficile [9].


Références et définitions

[9Hans Bellmann, Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe, Delachaux et Niestlé, 1999, 336 p.

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