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Le Discoglosse Sarde, Discoglossus sardus

Amphibiens, Anoures, Alytidae, Discoglossus sardus

Le Discoglosse Sarde est une espèce insulaire d’amphibien que l’on rencontre sur les îles de France et d’Italie, comme la Corse, la Sardaigne ou les îles d’Hyères.

Où rencontre-t-on le Discoglosse Sarde ?

Cette espèce se rencontre en Sardaigne, en Corse, à Giglio, à Montecristo et aux îles d’Hyères. Il est également cité en 1838 comme étant présent sur des îles au Sud-Ouest de l’Espagne, comme l’île Sancti Petri [1].
Le discoglosse sarde vit toujours à proximité des zones humides, dans les marais littoraux, les bords de torrents, les petits cours d’eau, les mares, les retenues d’eau temporaires comme les ornières et les fossés. Il se cache sous des pierres, des feuilles ou des troncs lorsque l’humidité vient à manquer. Le discoglosse adulte se nourrit de petits invertébrés principalement terrestres (des isopodes comme les cloportes, mais aussi des araignées,...) et parfois d’invertébrés aquatiques [2], tandis que les têtards sont herbivores et détritivores et mangent donc principalement des algues et des végétaux en décomposition.

Discoglossus sardus, le discoglosse sarde, photographié de face en macrophotographie, gros plan de la tête. Observé au bord d’une rivière en Corse.
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Discoglosse sarde

Comment reconnait-on le discoglosse Sarde ?

On peut confondre cette espèce avec le Discoglosse Corse ou Discoglosse de Montalent, Discoglossus montalentii [3] [4] [5] qui a été décrit comme une espèce différente du discoglosse Sarde en 1984 seulement [6]. Ce dernier n’est présent qu’en Corse et possède une couleur plus rousse. Son museau et ses doigts sont plus arrondis que chez le Discoglosse Sarde qui possède un museau et des doigts d’aspect pointus. La distinction morphologique est difficile [7]. La distinction acoustique est possible en comparant les chants d’alerte des deux espèces [8].

Une espèce proche, le Discoglosse peint (Discoglossus pictus) a été introduite dans les marais littoraux du Languedoc-Roussillon, où aucune autre espèce de Discoglosse n’est présente. Cette espèce possède des ocelles (taches de couleur) aux bordures relativement nettes sur le dos.

Comme la plupart des amphibiens, le discoglosse sarde se camoufle particulièrement bien dans son environnement. Il se cache sous les pierres en bord d’eau, sur des substrats sableux de la même couleur que son corps, comme en atteste cette photo prise en Corse :

Discoglossus sardus, le discoglosse sarde, observé au bord d’une rivière en Corse. Ce discoglosse se camoufle très bien parmi les graviers, sables et sédiments rejetés par les rivières.
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Discoglosse sarde

Quel est le cycle de vie du Discoglosse sarde ?

Les adultes s’accouplent au printemps, puis les femelles pondent plusieurs centaines d’oeufs deux à quatre fois par ans. Elles déposent leurs pontes sur les plantes aquatiques ou au fond de l’eau. Les oeufs éclosent et de jeunes têtards en sortent. Il leur faut au moins 1 mois pour se développer, en fonction de la température de l’eau et de leur milieu de vie notamment. Les têtards supportent une eau légèrement saumâtre (contenant du sel) et s’y développeraient même un peu plus rapidement [9].

Discoglossus sardus, le discoglosse sarde, observé au bord d’une rivière en Corse.
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Discoglosse Sarde

Quelles menaces pèsent sur le Discoglosse sarde ?

Les prédateurs naturels sont les serpents, poissons, oiseaux et certains insectes aquatiques susceptibles de se nourrir des têtards (dytiques, punaises aquatiques etc...).

Cette espèce est protégée [10] et sa destruction ou sa capture expose le contrevenant à 6 mois de prison et entre 9000 et 18000 euros d’amende.

Les principales menaces liées aux activités humaines qui pèsent sur cette espèce sont l’introduction d’espèces invasives et de maladies, la sur-fréquentation touristique de ses lieux de vie et l’assèchement ou le comblement de son habitat lors de travaux [11].

Photographies d’un discoglosse sarde (Discoglossus sardus) ou d’un discoglosse corse (Discoglossus montalentii) photographié en Corse en montagne au bord d’un petit cour d’eau sur lit de granit et de feuilles mortes. Les critères d’identification ne sont pas assez visibles pour conclure, il manque en particulier une photo de profil. Il s’agit plus probablement d’un discoglosse sarde que d’un discoglosse corse :

Discoglosse sarde ou discoglosse corse sur du granit au bord d’un torrent en montagne dans le Sud de la Corse. Il s’agit de Discoglossus corsicus ou de Discoglossus sardus.
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Discoglosse Sarde ou Corse
Photo de profil de la tête d’un crapaud de la famille des alytes et de l’espèce Discoglossus sardus (discoglosse sarde) ou Discoglossus montalentii (discoglosse corse), au bord d’une rivière de montagne, sur du granit et des feuilles mortes.
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Discoglosse corse ou discoglosse sarde
Petit crapaud de Corse étant soit un Discoglosse sarde soit un discoglosse corse, deux espèces d’amphibiens présentes en Corse et très difficièles à distinguer.
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Discoglosse sarde ou discoglosse corse
Photo vu de dessus du dos d’un petit discoglosse, un crapaud présent en Corse. Deux espèces de discoglosses sont présentes en Corse et elles sont difficiles à distinguer. Les principaux critères de détermination se basent sur la coloration, la longueur des pattes et la forme du museau.
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Discoglosse (crapaud de Corse)

Références et définitions

[1D’après la liste des espèces d’amphibiens du monde, sur le site du musée américain d’histoire naturelle

[2Knoepffler L.-P. (1962) Contribution à l’étude du genre Discoglossus (Amphibiens, Anoures). Vie et Milieu 13(1):1-83.

[3Clarke, B. T., and B. Lanza. 1990. Notes on the morphology and distribution of the Corsican painted frogs : Discoglossus sardus Tschudi and D. montalentii Lanza, Nascetti, Capula and Bullini. Bollettino. Museo Regionale di Scienze Naturali. Torino 8 : 531–544.

[4Capula, M., & Carti, M. (1993). Morphometric variation and divergence in the west Mediterranean Discoglossus (Amphibia : Discoglossidae). Journal of Zoology, 231(1), 141-156.

[5Bosc V. (2001) Etude des Discoglossidés dans la vallée du Taravu (Corse du Sud). Rapport pour l’Association des Amis du PNRC. 37 pages.

[6Lanza, B., Nascetti, G., Capula, M., & Bullini, L. (1984). Genetic relationships among West Mediterranean Discoglossus with the description of a new species (Amphibia Salientia Discoglossidae). Monitore Zoologico Italiano-Italian Journal of Zoology, 18(2), 133-152.

[7Critères précis et répartition également disponibles dans le livre "Collectif Biotope. (2012) Identifier les animaux - Tous les vertébrés de France, Benelux, Grande Bretagne et Irlande. Editions Biotope, 320 pages" que Myrmecofourmis.fr ne peut que vous recommander !

[8Glaw, F., & Vences, M. (1991). Bioacoustic differentiation in painted frogs(Discoglossus). Amphibia-Reptilia, 12(4), 385-394.

[9Fiche INPN sur le Discoglosse Sarde.

[10Code de l’environnement, Article L411-1 fixant la liste des amphibiens protégés.

[11Enjeu de conservation en région PACA pour le Discoglosse sarde.

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