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fourmis et insectes


Les fourmis au jardin

Jardiner avec les fourmis

Au jardin, les fourmis sont partout ! Dans les fleurs, sur les arbres, au potager, certaines construisent leurs nids dans le bois ou dans les branches, fabriquent des galeries de terre à la base des tiges et jaillissent parfois en nombre hors du nid lorsque le jardinier dérange la fourmilière ! Mais sont-elles vraiment néfastes ou dangereuses pour les plantes et le jardin ? Et pour le jardinier ? Si vous cherchez comment les repousser, vous trouverez ici de nombreuses astuces et remèdes de grand-mères, que l’on peut utiliser en agriculture biologique et qui sont plus efficaces que les solutions chimiques.

Les jardiniers repèrent souvent des fourmis qui montent sur les plantes. Si la plupart du temps elles y vont pour élever des pucerons, ce n’est pas la seule chose qui les attire. Certaines plantes ont coévolué avec les fourmis pour les attirer... Pourquoi une plante voudrait-elle d’une colonie de fourmis éleveuses de pucerons ? Et bien si cette activité de traite du miellat est dommageable pour la plante, il ne faut pas oublier que les fourmis sont de redoutables prédatrices. Elles dévorent les insectes phytophages comme les chenilles ou certains coléoptères et hyménoptères dont les larves sont phytophages, se nourrissent des feuilles, ou s’y creusent des abris. Pour attirer les fourmis, les plantes produisent des petites glandes à nectar à la base de leurs feuilles, tout comme Myrmecofourmis.fr vous l’a détaillé dans l’article Fourmis et Plantes. Les plantes d’ornement comme les rosiers, prunus ou les balsamines produisent ces nectaires à la base de leurs feuilles. C’est aussi le cas de plantes invasives comme la renouée du japon ou l’ailanthe.

Vidéo d’une fourmi se nourrissant sur les nectaires extrafloraux d’une plante de jardin :

Il faut donc peser le pour et le contre avant de décider de bloquer l’accès d’une plante aux fourmis. Généralement, il faut intervenir sur les rosiers lorsque les feuilles sont recroquevillées a cause des pucerons. Il suffit alors d’appliquer plusieurs bandes de glue (que l’ont peut acheter en magasin de bricolage) ou de résine de conifères (à récolter sur les troncs de résineux abimés). Généralement, deux bandes large de 5 centimètres et espacées de quelques centimètres suffiront. A cause des poussières qui s’accumulent sur la glue, il peut être utile d’en réappliquer de minces couches si les fourmis passent a nouveau. Vérifiez que les fourmis ne peuvent pas utiliser un mur ou une autre plante pour atteindre les pucerons.

On peut aussi intervenir lorsqu’un champignon appelé fumagine apparait sur les feuilles ou que des gouttes collantes de miellat vous tombent dessus quand vous passez sous vos arbres. Mais attention, les fourmis élèvent certains pucerons mais en prédatent d’autres ! Cela dépend de l’espèce de puceron et de l’espèce de fourmis. Prenez le temps d’observer les fourmis : si elles élèvent les pucerons, bloquez-leur l’accès et éliminez les pucerons (avec un jet d’eau faible par exemple pour les faire tomber). Mais si elles attrappent les pucerons ou ne récupèrent pas leur miellat, laissez-leur l’accès, elles sont certainement utiles ! Il ne faut pas non plus oublier que certains prédateurs et parasites de pucerons passent malgré la défense des fourmis. C’est par exemple le cas de différents hyménoptères, des coccinelles et des larves de mouches du genre Leucopis.

Fourmis et pucerons de racines en vidéo :

Coccinelle et fourmis

Si les fourmis élèvent des pucerons sur les plantes du potager, par exemple les pucerons noirs des haricots, alors il n’est pas possible d’utiliser la résine. Il faudra alors s’en prendre aux pucerons, par exemple en passant un jet d’eau le long des tiges lors de l’arrosage afin de les projeter au sol où ils se feront dévorer par divers insectes. On peut aussi placer des abris à insectes dans le jardin : de nombreuses espèces de guêpes et abeilles solitaires se nourrissent de pucerons. Placer des fleurs mellifères en bordure de potager permet aussi d’attirer de petits hyménoptères (l’ordre des guêpes, abeilles, fourmis et bourdons) inoffensifs pour l’Homme mais dont les adultes se nourrissent de fleurs et parasitent les pucerons. On peut également fabriquer des abris à perce-oreilles (qui mangent aussi les pucerons) en retournant des pots de terre pleins de foin ou de paille.

Fourmis, coccinelle et puceron
Certains jardiniers observent des petits couloirs de terre le long des tiges des fraisiers. Les fourmis construisent en effet ce type de galeries à la base des tiges pour protéger les pucerons. Généralement, il n’y a pas besoin d’intervenir car il y a peu de pucerons.

Il ne faut pas oublier non plus que les fourmis sont des insectes ingénieurs qui enrichissent le sol en y incorporant ou en rejetant à la surface les restes de la fourmilière (proies, déjections,...). Certaines plantes les utilisent même pour faire germer leurs graines ! Ces plantes sont dites myrmécochore, leurs graines possèdent une partie qui attire les fourmis, appelée éléosome. Les fourmis prennent alors la graine, mangent l’éléosome et rejettent la graine sur leur décharge. La décharge d’une fourmilière est très riche, la graine pousse donc sur une zone particulièrement privilégiée. Et en plus, les petites morsures de la cuticule des graines lors du transport par les fourmis aide la graine à germer.

On peut aussi rencontrer les fourmis au jardin sous les pierres ou les morceaux de bois. Elles s’y installent, comme de nombreux autres insectes, pour profiter de la chaleur emmagasinée par la pierre au cours de la journée. Il n’y a pas lieu de les déranger.

Parfois aussi, les fourmis s’installent dans les pots de fleurs. Il faut alors laisser tremper le pot de fleur pendant une journée dans l’eau. Ensuite, il faudra déplacer le pot pendant quelques jours avant de le remettre à sa place, puisque les fourmis ont une mémoire visuelle relativement efficace. Une fois remis en place, il sera utile d’utiliser une des solutions proposées par Myrmecofourmis.fr pour chasser les fourmis de la maison, afin de les éloigner du pot de fleur. Une tranche de citron dissimulée près du pot de fleur, par exemple, aide à faire fuir les fourmis.

En été, lorsqu’il fait chaud et orageux, les fourmis volantes s’envolent pour essaimer. Ce sont les princes et princesses (ou gynes) qui quittent leur nid pour s’accoupler, se disperser et fonder de nouvelles colonies. En France, les fourmis volantes sont inoffensives. L’essaimage ne dure que quelques heures, il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter et il n’est pas nécessaire d’intervenir.

Enfin, il arrive que des espèces de fourmis construisent leur fourmilière dans les troncs ou les branches des arbres. Généralement, les fourmis n’attaquent pas un arbre en bonne santé, elles s’installent dans les vieux troncs. Si possible, il faut les laisser vivre en paix car elles sont utiles et chassent les insectes phytophages (mangeurs de plantes) qui s’attaquent aux feuilles des arbres. Les espèces les plus courantes dans les arbres sont visibiles sur Myrmecofourmis.fr, ce sont les fourmis des espèces Lasius emarginatus, Crematogaster scutellaris, Camponotus spp et Themnothorax spp.

Si vous avez des questions, des conseils ou des astuces, n’hésitez pas à ajouter un commentaire en bas de la page !


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