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fourmis et insectes


Les galéruques, de petits coléoptères noirs aux énormes abdomens

Coleoptera ; Chrysomelidae ; Galerucinae ; Galeruca cf tanaceti

Les galéruques (genre Galeruca) sont des coléoptères de la famille des chrysomèles. Chez ces insectes, les femelles possèdent en période de reproduction des abdomens gigantesques que les élytres ne suffisent plus à cacher.

Le genre Galeruca regroupe plusieurs espèces de coléoptères de la famille des chrysomèles. Comme la plupart des autres insectes de ce groupe, les galéruques sont phytophages. On les trouve partout en France, mais ils sont plus facilement visibles en montagne où la végétation est rase.

Un insecte de l’ordre des coléoptères et de la famille des chrysomèles appartenant à l’espèce Galeruca tanaceti : le galéruque de la tanaisie. Il s’agit d’un mâle photographié de profil sur fond blanc.
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Mâle Galeruca tanaceti

Chez les galéruques, les femelles sont plus grosses que les mâles et se distinguent encore plus facilement des mâles en période de reproduction. En effet, pendant la période de reproduction qui a généralement lieu en été ou au début de l’automne, l’abdomen de la femelle se gonfle sous la pression des oeufs en formation. Elle devient énorme et l’abdomen dépasse largement des élytres, on dit qu’elle est physogastre. Onpeut observer ce même phénomène chez les méloés, les crache-sang et les reines fourmis en période de ponte et les princesses de fourmis ailées lors des essaimages.

Un Galeruca tanaceti femelle avec son gargantuesque abdomen photographié de profil :

Macrophotographie de Galeruca tanaceti, la galéruque de la tanaisie. Femelle physogastre prise en photo de profil sur fond blanc.
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Galéruque de la tanaisie, femelle physogastre

Après plusieurs jours, la femelle pond une énorme grappe d’oeufs jaunes. Les larves ressemblent à de grosses chenilles noires et leur cuticule mat rappelle le cuir, elles possèdent aussi quelques soies herissées comme des aiguilles de cactus. A la fin de leur croissance, les larves se métamorphosent en nymphes et prennent leurs formes adultes.

Macrophotographie de l’énorme abdomen d’une femelle physogastre de galéruque de la tanaisie :

Photo de l’arrière de l’abdomen très distendu d’une femelle de galéruque de la tanaisie (Galeruca tanaceti), un coléoptère de la famille des chrysomèles.
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Abdomen d’une femelle physogastre

L’espèce la plus commune est Galeruca tanaceti ou galéruque de la tanaisie. Les larves de cette espèce sont phytophages, comme les adultes, et se nourrissent d’alchemilles (Alchemilla vulgaris par ex.), d’achillée millefeuille (Achillea millefolium) de la cardamine des prés (Cardamine pratensis), de tanaisie commune (Tanacetum vulgare), ou de céraistes (Cerastium spp) [1].

Gros plan sur la tête de la femelle physogastre de galéruque de la tanaisie :

Photographie macro d’une femelle physogastre de galéruque de la tanaisie, sur fond blanc.
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Galeruca tanaceti femelle photographiée de face

L’identification des galéruques est compliquée et 13 espèces seraient présentes en France (il y a pour certaines d’entre elles des sous-espèces) [2] [3] [4] [5].

  • Galeruca abbreviata (Sud des Alpes, rare)
  • Galeruca angusta (Coléoptère noir, tibias brusquement élargis au sommet [6], serait présent uniquement sur le littoral et en Bretagne)
  • Galeruca canigouensis (Ouest des Pyrénées uniquement, très localisé, sculpture des élytres grossières)
  • Galeruca dahlii (Plusieurs formes de jaunes à roux ou couleur rouille, en particulier sur les élytres, présence de côtes saillantes sur le dessus des élytres [7])
  • Galeruca interrupta (très similaire à Galeruca dahlii, arrête généralement plus saillantes et élytres plus ovales, moins rondes à l’extrémité de l’abdomen, parfois brun sombre à noir en France méridionale)
  • Galeruca laticollis (couleurs jaunes à roux, mais pas d’arrêtes saillantes sur la cuticule, forme très évasée avec élytres très arrondies a l’extrémité de l’abdomen)
  • Galeruca luctuosa (Sud de la France, pas de côtes, la bordure en forme de gouttière sur le bord des élytres s’arrête aux épaules)
  • Galeruca melanocephala (corps de couleur rouge à rouille sauf la tête entièrement noire)
  • Galeruca miegi (coléoptère noir, très grossièrement sculpté [8])
  • Galeruca monticola (coléoptère noir, les intersegments sont blancs chez les femelles physogastres)
  • Galeruca pomonae (généralement de couleur rouille, si noir, se distingue des autres par des arrêtes saillantes très marquées sur les élytres)
  • Galeruca rufa (Sud de la France, les élytres, le pronotum et la tête sont roux ou de couleur rouille)
  • Galeruca tanaceti (l’espèce la plus courante, coléoptère entièrement noir, la bordure des élytres en forme de gouttière atteind la base des élytres)

Photographie d’un mâle de Galeruca tanaceti aux dimensions beaucoup plus "normales" :
Galeruca tanaceti mâle


Références et définitions

[1Les galéruques sur le site d’aramel.

[2Liste des espèces du genre Galeruca présente en France sur le forum insecte.org et sur le site Fauna europaea.

[3Liste des espèces du genre Galeruca présentes en Europe, avec notes sur la distributions et photos de certaines espèces sur le site de l’université de Wroclawski (Pologne).

[4Portevin G., 1934. – Histoire Naturelle des Coléoptères de France, Tome III, Polyphaga : Heteromera, Phytophaga. Encyclopédie Entomologique, XVII, 374 p. Lechevalier, Paris.

[5Laboissière, V. (1934). Galerucinae de la faune française (Col.), 107 p. Société Entomologique de France, Paris.

[6Identification d’un Galeruca angusta sur le forum insecte.org

[7Photos de Galeruca dahlii sur reptilis.org

[8Identification de Galeruca miegi sur insecte.org

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