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Les guêpes potières ou maçonnes

Hymenoptera ; Vespidae ; Eumeninae (principalement Eumenes) & Diptera ; Sarcophagidae ; Miltogramminae

Les guêpes maçonnes ou guêpes potières (parfois improprement désignées comme étant des abeilles maçonnes, comme les osmies) construisent des petits nids avec des boulettes de terre qu’elles mélangent à leur salive. Elles les accrochent généralement à l’abri de la pluie, sur les murs crépis, sous des planches en bois, ou sur des plantes sèches [1]. Chacun de ces espèces d’igloos de terre peut contenir différentes cellules, dans laquelle un unique oeuf est pondu.

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Guêpe maçonne construisant son nid

Ces guêpes potières collectent de l’argile au bord d’une petite mare artificielle. Elles en font une boule compacte qu’elles transportent jusqu’au nid (dans la vidéo ci-dessous on les entend striduler, montez le son !) :

Les guêpes potières se mettent ensuite à la recherche de différents arthropodes. Elles chassent souvent des araignées ou des chenilles sur les plantes aux alentours. Chaque espèce de guêpe potière possède un type de proie bien particulier et ne chasse souvent que quelques espèces. Ils ne faut pas confondre les guêpes potières avec les nombreuses autres guêpes qui chassent aussi des arthropodes, comme les pompiles qui chassent des araignées, les sphécidés qui chassent souvent des sauterelles, les Crabronides qui chassent différents insectes dont des cigales ou encore les Braconides qui parasitent entre autres les pucerons et les fourmis.
Les guêpes potières piquent leurs proies afin de les paralyser, avant de les ramener dans leurs nids en les portant entre leurs mandibules. Après avoir placé la chenille ou l’araignée paralysée dans le petit nid de terre séchée (souvent plusieurs proies sont ramenées), la guêpe y pond un oeuf. La larve qui en sortira se nourrira des proies paralysées pour grandir. En paralysant la chenille au lieu de la tuer, la guêpe évite que la chenille ne se décompose trop vite [2].

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Guêpe potière du genre Eumenes en vol, et son nid de terre

L’entrée du nid ressemble souvent à une petite cheminée, assez large pour permettre à la guêpe de déposer les chenilles dans le nid, et assez petite pour bloquer certains prédateurs et parasites...

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Gros plan sur l’entrée du nid de la guêpe maçonne

Mais certaines mouches (famille des Sarcophagidae, sous-famille des Miltogramminae par ex. [3]), profitent de l’absence des guêpes pour accéder à leurs nids et y pondre leurs oeufs. La mouche inspecte pendant quelques instants le nid, avant de se retourner pour pondre un ou plusieurs oeufs dans le pot en terre construit par la guêpe. Les larves de ces mouches coucous se développent plus rapidement que celles de la guêpe qui finissent par périr avant d’avoir fini leur développement. Ces mouches sont dites cleptoparasites, parce qu’elles volent les réserves de nourriture des larves de ces guêpes. Ce comportement est très similaire à celui des chrysides coucous.

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Mouche parasite de la famille des Sarcophagidae

Les guêpes potières et leurs interactions avec les chenilles et les mouches qui les parasitent sont encore peu connues. Pourtant, ces petites guêpes, sans dangers pour les humains, pourraient être utiles pour protéger les cultures de certaines chenilles phytophages et remplacer de nombreux pesticides nocifs pour l’environnement et la santé humaine [4].


Références et définitions

[2Susheela, P. (2014). Laboratory Evaluation of the Biochemical Parameters in the Haemolymph of the Lepidopteran Larvae after Stinging by the Potter Wasp, Eumenes Conica. Insecta : Hymenoptera). Entomol Ornithol Herpetol, 3(123), 2161-0983.

[3Fateryga, A. V. (2013). Nesting Biology of Odynerus albopictus calcaratus (Morawitz, 1885) and Odynerus femoratus de Saussure, 1856 (Hymenoptera : Vespidae : Eumeninae). Journal of Insects, 2013.

[4Morris, R. C., Filer, T. H., Solomon, J. D., McCracken, F. I., Overgaard, N. A., & Weiss, M. J. (1975). Insects and diseases of cottonwood. Gen. Tech. Rep. SO-8. New Orleans, LA : US Dept of Agriculture, Forest Service, Southern Forest Experiment Station. 41 p., 8.

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